Conseil d’administration de l’AEFE de mars 2025

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Retrouvez ci-dessous mon propos liminaire à l’occasion du Conseil d’administration de l’AEFE, qui s’est tenu le 13 mars 2025.

Je souhaite attirer votre attention sur plusieurs points qui, à mes yeux, nécessitent une réflexion collective et des réponses concrètes.

  1. Le premier point concerne la diminution des moyens budgétaires et humains de l’AEFE

La loi de finances pour 2025 a acté la baisse du budget de l’Agence de 14 millions d’euros et la suppression de 15 ETP.

Face à cette coupe budgétaire, il semblerait qu’un travail de carte scolaire ait été mené afin d’identifier 50 ETP supplémentaires qui ne seront pas pourvus à la rentrée prochaine (cf. rapport d’information de la CAED sur le programme 185).

Ces postes seront-ils bel et bien gelés ? Le cas échéant, dans quels établissements ?

  1. Le deuxième point concerne la limitation de la durée des contrats des détachements à six ans

De nombreux élus et syndicats s’inquiètent de l’arrivée à son terme de la première période de 6 ans de détachement, après la réforme intervenue en 2019.

Du côté des personnels, nombre d’entre eux souhaiteraient poursuivre leur carrière à l’étranger. Du côté de l’Agence, cette limitation va engendre un vaste mouvement au sein des effectifs.

Beaucoup plaident pour l’allongement du temps de séjour à l’étranger, et ce pour plusieurs raisons :
 Un « turn-over » important nuit à la stabilité des équipes pédagogiques dans les établissements ;
 La perspective d’un séjour limité décourage de nombreux enseignants titulaires potentiels de s’engager dans une mission à l’étranger, alors que certains établissements rencontrent déjà d’importantes difficultés en matière de recrutement.

Au vu des demandes d’aménagements, de dérogations, voire d’abrogation qui émanent de toutes parts, ne serait-il pas opportun de mettre en place un groupe de travail sur cette problématique ?

  1. Le deuxième point que je souhaiterais aborder concerne la diminution du nombre d’élèves boursiers

Alors que le nombre total d’élèves dans le réseau de l’AEFE est passé de 357 989 en 2020/2021 à 392 303 en 2023/2024, le nombre d’élèves boursiers est passé de 29 713 en 2020/2021 à 20 575 en 2023/2024.

L’AEFE explique cette diminution par une instruction plus rigoureuse des dossiers, avec le renforcement des vérifications sur le niveau de vie des demandeurs. La lourdeur et la complexité de la procédure dissuaderait les potentiels bénéficiaires de quotités réduites de déposer un dossier.

En tout état de cause, cette situation risque à terme d’impacter la mixité sociale au sein de nos établissements français à l’étranger, qui est pourtant le principe cardinal de notre système éducatif.

L’Agence a-t-elle examiné plus en détail les causes de cette baisse des bourses scolaires ? Quelles solutions sont envisagées pour garantir l’accès aux bourses pour les familles qui en ont besoin ?

  1. Enfin, je voudrais aborder le problème récurrent de l’indemnité spécifique de vie locale (ISVL)

Je suis régulièrement saisie des difficultés liées au montant insuffisant de cette indemnité, qui ne permet pas toujours à nos enseignants de vivre dans des conditions décentes dans certaines zones où le coût de la vie est élevé, plus particulièrement avec l’inflation mondiale.

Les conditions de rémunération sont pourtant un facteur essentiel pour assurer le recrutement et la fidélisation de nos personnels, si nous voulons préserver l’attractivité de notre réseau et garantir un service public d’enseignement de qualité à l’étranger.

Conclusion :

Ces trois enjeux sont au cœur de la pérennité de notre réseau éducatif : ils concernent non seulement les conditions de travail de nos enseignants, la qualité de l’enseignement que nous offrons à nos élèves à l’étranger, mais aussi l’attractivité pour les familles.

Je vous remercie.


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